Charleroi... ville de tous les extrêmes, de la misère à Albert Frère.

La première fois que j'y suis passé, c'était il y a deux semaines, sur le chemin vers du repos en Champagne-Ardennes. On s'y est perdu, à l'image surréaliste de la plus grande ville de Wallonie (200 000 habitants), qui pour le moment se pose pas mal de questions. 
Au coin d'un rond-point, un immense building gris, avec en grand sur une pancarte "université du travail" - non, nous ne sommes pas en Europe de l'Est.
La ville touche ses usines métallurgiques, officiellement séparée par un ring (=périphérique) sur pilotis. Ces usines sont gargantuesques - immenses - véritable "poumons" de la ville. Oui nous sommes en Europe, à quelques km de sa capitale (Bruxelles). Véritable saga "Dallas" où tel fourneau est fermé, tel autre ouvert. Jamais sans heurts. Syndicats tout puissants, responsables (?).
On demande notre chemin, Passat neuve full-option dans une rangée de maisons d'ouvriers, identiques, macadam en mauvais état -la frontière française s'il vous plaît ?. Accent que je pensais disparu, beaucoup de volonté, teinture flash, vert à lèvre, yeux turquoises. "Suivez-moi, je vais dans cette direction". Univers de béton, de voitures tunées, de tenues de sport et de magasins installés à la va-vite (cela sentait le business), parfois louches (Casino ?). Oui, il s'agit de la ville au taux de criminalité le plus important de Belgique.
J'ai aimé Charleroi, ville chaleureuse et vivante à mon sens, pour le peu de contact que j'ai ressenti. Ville avec du relief, de l'authentique - je peux comprendre pourquoi un Carolo se sent Carolo. Cette ville a du potentiel.
L'autre extrême c'est ce drôle de bonhomme, l'homme le plus fort de la Wallonie : Albert Frère. Entretien de 20 minutes sur une carrière fulgurante, sur une fortune personnelle de 2,4 milliards d'USD. Entretien que je qualifierai plus de "publi-reportage" ; chaque question ayant été préparée.
Il a l'air sympa, naïf, gentil, et pourtant derrière cette bonhommie charmante et désarmante se cache un homme d'affaire redoutable. Concernant la visite de sa galerie d'art contemporain, une "Nana" de Niki de Saint-Phalle, un "Love" de "je ne sais plus qui mais il est connu", partie sans équivoque où l'on découvre la personnalité avec laquelle on a réellement affaire. Ces oeuvres contemporaines, archi-connues (voire même classiques) et majestueuses, ne présentent aucun risques, il s'agit d'un investissement pur et dur, voire même âpremment négocié. Il a le nez fin, mais il s'agit d'un calculateur avant tout. Mon profit, les cadeaux, pour moi. Business is Business.
L'entretien a été minutieusement préparé. Un spin doctor politique. Réponses très structurées (admirable). L'intervieweuse sous des apparences (?) de "en chaleur complète face à cet éminent personnage" ("donnez-moi un job") a posé des questions intéressantes, comme pour un entretien d'embauche. Sous des dehors de nylon et de frivolité, s'est caché qqn d'assez fin.
Ville de tous les extrêmes, disais-je...






3 commentaires:
Alors Tom, 2 petites questions:
- c'est un retour timide, définitif...?
- je viens de réaliser en relisant "l'historique..." que tu avais utilisé un pseudo...alors nouvelle phase du blog que j'espère... nouvel identifiant?....
Me concernant je vais régulièrement à Charleroix pour me rendre chez un client proche de lille. Je suis étonné car par Rayanair le vol carcassone -Charleroix 2 vols aller retour par jour est toujours plein...
Après avoir réalisé une étude de marché pour valider la création d'une pépinière d'entreprises, après avoir réalisé l'étude de faisabilité(plan d'investissement, organisation, taux de remplissage...) dans quelques mois nous allons la gérer...
Donc afin de superviser l'équipe j'aurai l'occasion de revoir Charleroix...
non tom, john figth, désolé... une mauvaise manipulation. John, c'est bon... désolé.
Retour timide en effet, je vais tenter de garder un article par semaine. Bcp de choses bougent en fait (les entretiens également) - malheureusement, je me trouve dans une situation difficile : trop de temps pour le développement, et un affinage du concept à devoir mettre en place (réaction du marché attendue).
Une pépinière à Charleroi en Belgique, c'est un sacré challenge... !! Ryannair se développe pas mal, c'est vrai - avec tout-de-même qqes heurts pour le moment... Je t'avouerai que je garde cette ville dans mon collimateur, du capitalisme sauvage en perspective (bienvenue à "l'argent noir"). Si tu as plus de détails, n'hésite pas à en parler...
John la pépinière n'est pas à Charleroi mais proche de Lille côté France...
Mais si tu es au courant d'un projet de pépinière en Belgique je suis preneur...
A plus...
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