mardi, juin 12, 2007

Charleroi... ville de tous les extrêmes, de la misère à Albert Frère.


La première fois que j'y suis passé, c'était il y a deux semaines, sur le chemin vers du repos en Champagne-Ardennes. On s'y est perdu, à l'image surréaliste de la plus grande ville de Wallonie (200 000 habitants), qui pour le moment se pose pas mal de questions.

Au coin d'un rond-point, un immense building gris, avec en grand sur une pancarte "université du travail" - non, nous ne sommes pas en Europe de l'Est.

La ville touche ses usines métallurgiques, officiellement séparée par un ring (=périphérique) sur pilotis. Ces usines sont gargantuesques - immenses - véritable "poumons" de la ville. Oui nous sommes en Europe, à quelques km de sa capitale (Bruxelles). Véritable saga "Dallas" où tel fourneau est fermé, tel autre ouvert. Jamais sans heurts. Syndicats tout puissants, responsables (?).



On demande notre chemin, Passat neuve full-option dans une rangée de maisons d'ouvriers, identiques, macadam en mauvais état -la frontière française s'il vous plaît ?. Accent que je pensais disparu, beaucoup de volonté, teinture flash, vert à lèvre, yeux turquoises. "Suivez-moi, je vais dans cette direction". Univers de béton, de voitures tunées, de tenues de sport et de magasins installés à la va-vite (cela sentait le business), parfois louches (Casino ?). Oui, il s'agit de la ville au taux de criminalité le plus important de Belgique.

J'ai aimé Charleroi, ville chaleureuse et vivante à mon sens, pour le peu de contact que j'ai ressenti. Ville avec du relief, de l'authentique - je peux comprendre pourquoi un Carolo se sent Carolo. Cette ville a du potentiel.

L'autre extrême c'est ce drôle de bonhomme, l'homme le plus fort de la Wallonie : Albert Frère. Entretien de 20 minutes sur une carrière fulgurante, sur une fortune personnelle de 2,4 milliards d'USD. Entretien que je qualifierai plus de "publi-reportage" ; chaque question ayant été préparée.

Il a l'air sympa, naïf, gentil, et pourtant derrière cette bonhommie charmante et désarmante se cache un homme d'affaire redoutable. Concernant la visite de sa galerie d'art contemporain, une "Nana" de Niki de Saint-Phalle, un "Love" de "je ne sais plus qui mais il est connu", partie sans équivoque où l'on découvre la personnalité avec laquelle on a réellement affaire. Ces oeuvres contemporaines, archi-connues (voire même classiques) et majestueuses, ne présentent aucun risques, il s'agit d'un investissement pur et dur, voire même âpremment négocié. Il a le nez fin, mais il s'agit d'un calculateur avant tout. Mon profit, les cadeaux, pour moi. Business is Business.

L'entretien a été minutieusement préparé. Un spin doctor politique. Réponses très structurées (admirable). L'intervieweuse sous des apparences (?) de "en chaleur complète face à cet éminent personnage" ("donnez-moi un job") a posé des questions intéressantes, comme pour un entretien d'embauche. Sous des dehors de nylon et de frivolité, s'est caché qqn d'assez fin.

Ville de tous les extrêmes, disais-je...

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